presentation expo KONGO Imprimer

Je dis souvent que mon plaisir n’est pas tant d’être reconnu que de pouvoir échanger sans avoir à connaître la langue du pays dans lequel je me trouve. J’ai pris conscience que mon langage était universel. C’est ma manière de contribuer au bien-être de la société dans laquelle je vis.

Le temps que je passe à peindre, la peinture, le matériel sur un mur gris, je considère que c’est un cadeau que je fais à la rue, à la société.

Pendant trente ans j’ai peint quasi-gratuitement et hors système, notre politique étant de ne rien attendre de personne, de faire les choses par nous-mêmes ; d’être libres, de décider de dire oui ou non.

Cette liberté et cette indépendance je les retrouve aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux. La dématérialisation propre aux nouveaux outils comme Instagram ou Facebook permet non seulement d’aller au-delà du mur de la rue ou des galeries mais aussi de dépasser les frontières pour être vu par le plus grand nombre. Il ne s’agit plus d’offrir seulement ce cadeau à la société mais au monde entier. Ce langage devient plus universel que jamais.

Les possibilités sont infinies, je suis dans mon atelier, je poste un travail sur Instagram et dès cet instant mon oeuvre voyage, elle se retrouve dans le smartphone de chacun, cette générosité est sans limite. Il y a aussi les risques de cette exposition sans égale ; la dureté du jugement immédiat ou l’incompréhension peuvent s’immiscer dans le flot de cette interactivité, mais c’est le prix à payer de cette nouvelle norme, de cette liberté infinie.

Le projet « Digital Undergound » que je présente aujourd’hui à la galerie Taglialatella est le point de départ d’une recherche axée sur ces nouveaux outils de communication.
J’ai créé une série d’oeuvres accompagnées d’une application mobile. Chaque toile révèle une multitude de contenus liés à mon univers via l’application (photographies, vidéos, croquis d’archives, etc.) afin d’enrichir le lien avec le visiteur et d’être au plus proche de chacun.

C’est le début de quelque chose, j’ai conscience de jouer avec mon temps, j’ignore encore où ce projet va me conduire mais c’est aussi l’incertitude propre à notre époque...

Kongo